dimanche, 08 novembre 2009

Le G20 est resté sec sur le climat

Comme nous l'envisagions hier, la réunion du G20 (pays industrialisés et grands pays émergents) à Saint Andrews (Ecosse) n'a par permis d'avancer sur la question du financement de la lutte contre le changement climatique.

Sommet de la langue de bois internationale
Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Pittsburgh en septembre dernier lors de la précédente réunion du G20 leur avaient donné la mission de trouver "des options possibles " dans ce domaine, les ministres des finances se sont contentés de discours vagues.

Le communiqué final n'évoque aucune mesure concrète : "Nous avons reconnu la nécessité d'augmenter de manière significative et de façon urgente l'importance et la capacité de connaître à l'avance l'étendue de ces financements, pour mettre en oeuvre un ambitieux accord international".
Un bel exemple de langue de bois sans frontières.

Trop occupés à examiner les moyens de conforter une reprise économique faiblarde dans les pays développés, les participants au G20 financier ont renvoyé à Copenhague la charge  de résoudre la question.

Depuis plusieurs mois, on assiste d'ailleurs à un étonnant jeu de yo-yo d'une instance de négociation à une autre (ONU, G20, Forum des économies majeures), chacun se repassant le mistigri.

Des différences clarifiées...
Les ONG dénoncent vivement cette mascarade, mettant en regard les sommes gigantesques accordées aux banques et les réticences à mobiliser des financements pour la lutte contre le changement climatique.

Certains n'ont pourtant pas perdu leur humour. Le commissaire européen aux affaires économiques, Joaquim Almunia, a estimé que la réunion de Saint Andrews a au moins permis aux pays présents de "clarifier leurs différences"...

samedi, 07 novembre 2009

Au G20, l'économie éclipse le climat

Alors que la session de négociations sur le climat sous l'égide de l'ONU s'achevait hier à Barcelone sans grandes avancées, la réunion du G20 à Saint Andrews (Ecosse) s'ouvrait en début de soirée.

Les ministres des Finances des pays les plus puissants de la planète (pays industrialisés et grands pays émergents) ont plusieurs gros dossiers à discuter : le soutien à une croissance économique mollassonne et le financement de la lutte contre le changement climatique.

Tétanisés par les chiffres du chômage aux USA
Or, il semble bien que la reprise éclipse le climat.
Tétanisés par les statistiques américaines montrant que le chômage touche 10,2% de la population des Etats-Unis, les grands argentiers ont surtout discuté des moyens de prolonger les mesures de relance.

Du même coup, ils semblent avoir un peu oublié le mandat qui leur avait été donné par les chefs d'Etat et de gouvernement dans le communiqué final du dernier sommet du G20 à Pittsburgh : "Faire un rapport présentant une série d'options possibles pour le financement du changement climatique".

Ce matin, il n'est même pas sûr que la question sera mentionnée dans le communiqué final de la réunion écossaise dont la mise au point agite les différentes délégations.

Personne ne veut saisir la patate chaude
Personne ne semble vouloir prendre à pleines mains la patate chaude : les pays développés parce qu'ils sont convaincus que le sommet de Copenhague ne débouchera que sur un accord politique sans mesures concrètes ; les grands pays émergents parce qu'ils se sentent minoritaires au G20 et que pour eux, le terrain normal de la négociation climatique est la Convention des Nations Unies où ils peuvent rameuter les pays les plus pauvres.

La teneur de la déclaration finale pourrait bien donner un indice supplémentaire que le sommet de Copenhague est mal parti.

samedi, 26 septembre 2009

Le G20 a oublié de parler du climat

Trop occupés à se féliciter de la sortie de crise et à s'instituer comme organe de régulation économique mondiale, les dirigeants des pays du G20 ont passé à la trappe la crise écologique, pourtant déterminante pour notre avenir.

Un accord ... sur des généralités
Alors que les scientifiques convergent pour dire que le changement climatique s'aggrave dans des proportions insoupçonnées, le G20 a remis à plus tard l'annonce de décisions chiffrées et n'a donné aucun signe collectif fort pour accélérer des négociations internationales qui s'enlisent.

Le communiqué final du sommet de Pittsburgh se contente de généralités sur la nécessité "d'éliminer progressivement et de rationaliser à moyen terme les subventions inefficaces aux combustibles fossiles, tout en apportant une aide ciblée aux plus démunis".
On peut difficilement faire plus vague, ont dénoncé plusieurs organisations écologistes.

Une semaine américaine pour rien ?
En juillet, en Italie, la précédente réunion du G20 avait pourtant acté la nécessité de tout mettre en oeuvre pour contenir la hausse moyenne des températures à 2° pour éviter les catastrophes climatiques.
Depuis, les dirigeants des pays du G20 n'ont pas donné de signes concrets sur les moyens d'y parvenir, ni au sommet de l'ONU à New-York, ni à la réunion de Pittsburgh.

La semaine américaine aura confirmé qu'aucun leader n'a l'autorité pour faire avancer la question climatique.
Le président Obama est paralysé par la discussion de son projet de loi climat au Sénat tandis que la Chine s'affirme comme une puissance "verte" montante en prenant des engagements certes nouveaux mais limités (en gros, stopper l'augmentation  des émissions de gaz à effet de serre).

Les négociateurs au boulot à Bangkok
Mais, rassurons-nous, les chefs d'Etat et de gouvernement ont promis de reprendre contact d'ici deux semaines, peut-être pour un prochain sommet spécialement dédié à la question climatique, comme l'a suggéré Nicolas Sarkozy lors de son discours à l'ONU.

En attendant, les négociateurs aux prises avec la mise au point du projet de traité qui sera présenté dans 71 jours à Copenhague vont se remettre à la tâche dès lundi à Bangkok.
C'est peut-être de leurs avancées modestes que viendra une amorce de solution.

samedi, 19 septembre 2009

Ce que l'Europe demande vraiment au G20

Voici le contenu exact du volet climatique de la résolution adoptée lors de la réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, le 17 septembre, en vue du sommet du G20 à Pittsburgh la semaine prochaine.

Partager l'effort de financement de la lutte contre le changement climatique : dans la perspective de Copenhague
"22. Le changement climatique est beaucoup plus rapide que prévu. Les risques qu'il représente sont réels et on en voit déjà les manifestations.
Cela souligne combien il est urgent de dégager un accord planétaire, ambitieux et global à Copenhague.
Le G20 devrait demander à l'ensemble des parties d'accélérer considérablement le rythme des négociations, afin de garantir le succès de la conférence de Copenhague.

23. Afin de réussir à maintenir l'augmentation de la température moyenne de la planète en deçà de 2º C par rapport au niveau de l'ère préindustrielle, les données scientifiques indiquent qu'il faut que les émissions mondiales de gaz à effet de serre cessent d'augmenter d'ici 2020, puis qu'elles soient réduites d'au moins 50 % par rapport au niveau de 1990 d'ici 2050 et continuent ensuite de diminuer.
Les pays développés devraient réduire leurs émissions d'au moins 80% d'ici 2050, comme convenu lors du sommet du G8 à L'Aquila.
Tous les pays qui ne l'ont pas encore fait devraient prendre de toute urgence des engagements ambitieux en termes de réductions à moyen terme et d'actions quantifiables.

24. Il faudra consacrer de toute urgence des ressources financières considérablement accrues à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre et à l'adaptation aux effets inévitables du réchauffement climatique.
Tous les pays, à l'exception des moins développés, devraient contribuer au financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, les financements étant affectés en fonction des besoins, de manière que les pays en développement reçoivent plus que le montant de leur contribution.
Les engagements en termes de financements publics devraient être répartis sur la base d'une clé de contribution universelle, détaillée et spécifique, tenant compte de la capacité contributive et de la responsabilité à l'égard des émissions.

25. La Commission européenne estime que, dans les pays en développement, le coût additionnel net total des mesures d'atténuation et d'adaptation pourrait s'élever à environ 100 milliards d'euros par an d'ici 2020, à répartir entre un financement national, un financement fondé sur le marché du carbone et l'aide publique internationale.
Cette estimation suppose, entre autres, que les pays en développement, et en particulier ceux qui sont les plus avancés sur le plan économique, prennent des mesures d'atténuation appropriées.

26. Le marché international du carbone devrait être élargi et réformé par la création de systèmes d'échange et l'établissement de liens entre ces systèmes afin d'accroître considérablement les flux financiers vers les pays en développement.

27.L'UE est favorable à la création d'un mécanisme de coordination permettant de disposer d'une vue d'ensemble actualisée des sources internationales de financement des investissements dans le domaine du climat dans les pays en développement.

28. Le G20 devrait reconnaître qu'il est nécessaire que l'aide publique internationale démarre rapidement pour répondre aux besoins urgents de financement dans le domaine de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, en particulier les pays les moins développés.
La Commission estime à environ 5 à 7 milliards d'euros par an les besoins de financement pour la période 2010-2012, avant la création d'une architecture financière dans le cadre d'un accord à Copenhague."