mardi, 22 décembre 2009

Copenhague : les députés européens déçus

"C'est une grande déception", a estimé la délégation (15 membres) du Parlement européen à la 15e Conférence des parties (COP 15), à propos de l'accord obtenu à Copenhague.

La Chine et les Etats-Unis sont les principaux responsables de ce faible accord, a estimé Jo Leinen, président de la commission de l'Environnement et qui menait la délégation du Parlement européen à Copenhague.

 "Les Etats-Unis n'ont pas réussi à adapter leurs objectifs de réduction aux besoins mondiaux. La Chine a refusé de signer un traité avec des obligations internationales", a-t-il affirmé, ajoutant que "la Conférence de Copenhague a démontré une grande insatisfaction et inefficacité de la méthode des conférences des Nations-Unies. Une réforme approfondie du processus de prise de décision au sein des Nations-Unies devient d'une urgente nécessité."

En revanche, Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, a émis un avis plus nuancé : "Copenhague constitue seulement une première étape. Nous devons tirer les leçons sur la manière d'améliorer le processus de négociation. Il y a des éléments positifs dans cet accord mais l'UE doit continuer à mettre la pression sur le reste du monde pour parvenir à un accord plus ambitieux, plus tard".

Copenhague : l'Inde ne "s'est pas mal débrouillée"

La presse indienne rapporte les propos du le ministre indien de l'Environnement Jairam Ramesh qui a estimé, devant le Parlement, que son pays ne s'était "pas mal débrouillé" à la conférence de Copenhague.

Evoquant l'absence d''objectifs contraignants de baisse des émissions de CO2 dans l'accord de Copenhague, le ministre a précisé : "Nous pouvons nous montrer satisfaits d'avoir obtenu gain de cause sur la question".

Copenhague : Ban veut un traité contraignant

ban ki-moon.jpgLe secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré hier que la conférence de Copenhague sur le changement climatique avait été « un succès ».

Un pas dans la bonne direction
Si Ban s'est dit « conscient que l'issue de la Conférence de Copenhague, ainsi que l'Accord de Copenhague, n'étaient pas allés aussi loin que beaucoup l'espéraient, néanmoins, ils représentent un début, un début essentiel. Nous avons effectué un pas dans la bonne direction ».

Il a rappelé que les participants s'étaient engagés à maintenir la hausse des températures au-dessous de deux degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle.

Ils ont aussi prévu de réévaluer ces engagements en fonction de l'évolution des prévisions de la science. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) envisage de publier son prochain rapport, le cinquième, en 2014.

Des avancées dans la lutte contre la déforestation
M. Ban a rappelé que l'Accord de Copenhague fixait des objectifs à moyen terme en ce qui concerne les actions d'atténuation à mener aussi par les pays développés que par ceux en développement, ce qui constitue « aussi une avancée ».

En outre, les Etats ont convenu de l'importance d'agir pour réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts. « Cela signifie, a-t-il observé, que nous avons finalement pris en compte près d'un cinquième des émissions mondiales ».

Par ailleurs, l'Accord prévoit de fournir un soutien global aux plus vulnérables pour qu'ils puissent faire face au changement climatique.
Enfin, il s'appuie sur des moyens financiers, 30 milliards de dollars ayant été promis à l'échéance de 2012, 100 milliards étant envisagés à l'horizon 2020.

Un traité contraignant en 2010 ?
M. Ban a appelé tous les Etats membres à faire en sorte que le Fonds vert pour le Climat de Copenhague « devienne pleinement opérationnel aussitôt que possible ».

Il les a aussi appelés à signer formellement l'Accord de Copenhague en affirmant leur soutien à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique. « Plus vite nous aurons les signatures et plus grand sera l'élan obtenu ».

M. Ban a exprimé son intention dans les mois qui viennent de continuer de travailler avec les dirigeants du monde pour : « Je vais les presser de mettre en oeuvre leurs engagements le plus vite possible. Et je vais les encourager à s'impliquer directement pour conclure un traité sur le changement climatique légalement contraignant en 2010. » 

Améliorer le processus de négociation
Ban Ki-moon a enfin souligné la nécessité de tirer les leçons de la conférence, dont le déroulement a été souvent critiqué : « Nous allons réfléchir à la manière d'améliorer le processus de négociation ».

Il a annoncé qu'en début d'année il créerait « un panel de haut niveau sur le développement et le changement climatique afin d'examiner ces questions de manière stratégique ».

lundi, 21 décembre 2009

Copenhague : "Immense déception" pour Juppé

"Un nouveau combat commence. Les plus déterminés doivent se regrouper pour repartir à l’assaut des conservatismes et des inconsciences", c'est ainsi qu'Alain Juppé, ancien Premier ministre, conclut l'éditorial qu'il consacre à Copenhague sur son blog.

Cet appel à l'action vient après une sévère critique de la façon dont s'est déroulée la conférence climatique et de son bilan.

Alain Juppé a d'ailleurs titré son billet "Une immense déception" pour évoquer un accord "si l'on peut parler d'accord, quasiment vide".

Dénonçant au passage une méthode de négociation qui "s'est révélée calamiteuse", Alain Juppé ne retient de positifs que les chiffres avancés pour financer les pays les plus vulnérables.

Tout en notant que Nicolas Sarkozy "a déployé une considérable énergie pour désembourber" la négociation, le maire de Bordeaux constate : "Mais il faut regarder la réalité en face : tout s'est joué dans la confrontation entre les deux partenaires qui sont à la fois principaux responsables de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, et détenteurs de la puissance économique, voire politique dans le monde recomposé : les Etats-Unis d'un côté, la Chine et l'Inde de l'autre".

Copenhague : la Chine s'envoie des fleurs

"Notre pays a joué un rôle important et constructif pour faire avancer les négociations de Copenhague pour arriver aux résultats actuels", a déclaré Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, dans un entretien à l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Plaidant que la Chine avait fait preuve "de la plus grande sincérité", M. Wen estime que l'accord de Copenhague "assigne à la communauté internationale des objetifs de long terme pour s'attaquer au réchauffement climatique. C'est le fruit des efforts de toutes les parties et il (cet accord) a recueilli une large approbation. Ce résultat n'a pas été aisé et il devrait être chéri".

Enfin, le haut dirigeant chinois estime que cet accord constitue "un nouveau point de départ pour honorer ses engagements".

On peut lire une pique aux pays industrialisés qui n'ont pas tenu leurs engagements au titre du protocole de Kyoto mais peut-être aussi comme une promesse des Chinois eux-mêmes pour respecter ce qu'ils ont approuvé à Copenhague.

Copenhague : les Britanniques ciblent la Chine

Les dirigeants britanniques ne se paient pas de mots, eux, sur le bilan de la conférence de Copenhague.

Dans un article publié hier par le Guardian, le ministre britannique de l'Environnement Ed Miliband a accusé la Chine mais également le Soudan et plusieurs pays sud-américains (Venezuela, Nicaragua, Bolivie et Cuba) d'avoir volontairement torpillé les négociations sur le climat afin d'empêcher la conclusion d'un accord.

"Nous n'avons pas obtenu d'accord sur une réduction de 50% des émissions internationales d'ici 2050 ni sur une réduction de 80% pour les pays développés. La Chine a opposé son veto aux deux, malgré le soutien d'une coalition de (pays) développés et d'une large majorité de pays en développement", explique-t-il.

Gordon Brown accuse sans nommer
Pour les négociations à venir, le ministre prévient : "Nous ne les laisserons pas entraver le progrès mondial".

Le Premier ministre britannique Gordon Brown pense la même chose mais ne cite personne.
Dans un message diffusé par ses services, il appelle à tirer les leçons du sommet de Copenhague.

Et il prévient lui-aussi : "Nous ne devrions plus jamais être confrontés à l'impasse qui a menacé de faire échouer ces discussions. Nous ne devrions plus jamais laisser un accord mondial devant mener à un avenir plus écologique être pris en otage par une poignée seulement de pays". 

dimanche, 20 décembre 2009

Copenhague : l'imprécation a fait flop ...

Les virulentes réactions des organisations ou de certaines personnalités écologistes à l'accord a minima sorti de la conférence de Copenhague sont sans doute à la mesure de leur déception.

Qu'on en juge :

  • "Affligeant, désolant , nous avons bradé l'avenir de nos enfants" (Nicolas Hulot),
  • "On ne peut pas faire confiance aux chefs d'Etat. Seul un profond mouvement des peuples pourra imposer le changement. " (Corine Lepage),
  • "Désastre total" (Greenpeace),
  • "Lamentable fiasco" (Verts),
  • "Fuite en avant historique" (Oxfam),
  • "Passage en force" (Réseau Action Climat),
  • "Ecoeurés de l'incapacité des pays riches à s'engager sur les réductions des émissions de CO2" (Amis de la Terre).

Mais leur tonalité montre bien qu'on est plus dans l'imprécation que dans l'analyse lucide.

Pas de Grand Soir climatique
Associées au processus de négociation de l'ONU (sauf à la fin), les ONG se sont peu à peu persuadées qu'en développant un discours parfois apocalyptique à partir des données scientifiques du Giec, elles allaient faire de Copenhague un Grand soir climatique.

Ont-elle cru que l'évidence de l'urgence climatique était telle que les "coupables", les méchants pays industrialisés, allaient reconnaître, par esprit de repentance, leur responsabilité historique et sortir leur carnet de chèques tout en promettant de se serrer la ceinture ?

Ont-elles pensé que les pauvres "victimes", indistinctement regroupées sous le vocable de pays en voie de développement même quand ils sont devenus d'énormes émetteurs de CO2, allaient faire bloc fraternellement ?

Ont-elles vraiment rêvé que cette révolution allait s'accomplir dans le joyeux bordel de la démocratie onusienne ?

C'est raté. Le réel est revenu au galop.

Le monde n'était simplement pas prêt
C'est la puissante Chine qui a pris au dernier moment les affaires en main pour que l'accord final avalise son refus que l'on contrôle ses émissions de CO2 alors que le minuscule Tuvalu, menacé de disparaître sous la montée des eaux, avait demandé devant la Terre entière que tous les pays pollueurs, y compris les camarades chinois, soient soumis aux mêmes règles.

C'est les riches Européens et Japonais qui se sont le plus engagés dans la lutte contre le changement climatique en acceptant contrôles et engagements financiers. En vain. 

Enfin, c'est le si intouchable et révolutionnaire Barack Obama qui a joué au plus politicien, arrivé en coup de vent et reparti au galop, soucieux avant tout de s'assurer le soutien des parlementaires et des lobbies.

Résultat : un accord décevant parce que le monde n'était pas prêt à en signer un autre.

Finalement mieux que Kyoto ?
Et dans le concert de lamentations et d'imprécations écolos qui accompagnent le deuil du Grand Soir, ce sont finalement les scientifiques qui relativisent.

Hervé Le Treut, un des papes du Giec, n'est pas satisfait bien sûr mais il reste nuancé. Il admet que les scientifiques avaient mis la barre très (trop ?) haut et constate que les USA et la Chine sont désormais impliqués dans un accord international, ce que ne permettait pas le protocole de Kyoto.

Et il appelle à surmonter le blues post-Copenhague et à repartir au combat pour convaincre encore et encore. Et pas forcément faire peur parce que ça ne sert à rien.

Maintenant que tous les pays du monde ont admis qu'il ne fallait pas que la température augmente de plus de 2°C, il ne reste plus qu'à s'en donner les moyens. Facile ...

Alors, Copenhague : un simple contre-temps ?

Copenhague : les Chinois maîtres du monde

L'issue de la conférence de Copenhague a montré que la Chine était la seule superpuissance capable de peser de manière décisive sur la négociation internationale la plus importante depuis des décennies.

Les Chinois sont trop intelligents pour triompher. Ils ont laissé Barack Obama tirer la couverture à lui (il en aura bien besoin pour convaincre le Sénat d'adopter sa loi sur le climat) mais ce sont eux qui ont superbement manoeuvré pour arriver à l'accord que l'on sait.

Une anecdote révélatrice
Le journal Le Monde  raconte le moment où tout s'est joué : "A peine son discours prononcé devant les 191 délégués, M. Obama s'est enfermé pendant 55 minutes avec M. Wen (le Premier ministre chinois). Dans l'après-midi, la Maison Blanche a annoncé une seconde rencontre. Il s'agissait de convaincre M. Wen d'accepter un accord, alors que la Chine pratiquait la politique de la chaise vide dans la négociation qui tentait de sauver le sommet. A l'heure convenue, M. Obama a constaté que le président brésilien Lula, le premier ministre indien Manmohan Singh et le président sud-africain Jacob Zuma étaient aussi de la réunion. A cinq, les leaders ont négocié l'accord de trois pages qui a été présenté en séance."

Ce sont donc les Chinois qui, forts de leur statut fascinant de banquier des Etats-Unis et de leader auto-proclamé des pays en voie de développement, ont fixé la liste des participants à cette réunion dans laquelle les USA étaient en minorité ! 

Nicolas Sarkozy et Brice Lalonde, l'ambassadeur français pour le Climat, ont confirmé que la Chine avait auparavant menacé de quitter le sommet.

L'avenir du climat se joue en Chine
Le résultat de cette épreuve de force est désormais connu. La Chine ne subira pas de contraintes en matière d'émissions de CO2 et voit sa souveraineté préservée.
En l'absence d'une Organisation internationale de l'Environnement, qui osera demander des comptes désormais aux Chinois quand, tous les deux ans, ils enverront à l'ONU un document listant leurs actions pour limiter la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre ?

Car cette croissance va être monstrueuse. Une étude publiée quelques jours avant le sommet de Copenhague montre qu'en dépit de ses annonces récentes, la Chine va doubler ses émisions de CO2 d'ici 2020 au rythme actuel de sa croissance économique.

Cette augmentation des émissions chinoises représentera trois à quatre fois la baisse annoncée des émissions des USA et de l'Europe pour 2020 et le tonnage des émissions par Chinois dépassera celui des Français dès 2012-2013 et des Européens dès 2018-2020 !

Les ONG, des "idiots utiles" ?
Aveuglés par leur obsession de faire payer l'Occident (voir l'analyse de Copenhague par Greenpeace) , certaines ONG continuent de jouer les "idiots utiles" (Lénine) de la Chine en refusant de voir la réalité : la super-puissance chinoise (et demain l'Inde) détient les clés de la lutte contre les changements climatiques.

Mais il est évidemment plus facile de jouer les héros en brandissant une banderole à l'Assemblée nationale française que de s'attaquer à un Etat totalitaire qui bafoue les droits de l'Homme et détruit l'environnement.

Reste l'essentiel : comment peut-on faire bouger les Chinois dans la lutte contre le changement climatique ?
Devenue l'usine de l'Occident qui y a aussi délocalisé ses pollutions, la Chine a besoin des consommateurs des pays riches tant que son marché intérieur ne s'est pas encore assez développé.

C'est peut-être en nous montrant plus exigeants sur les normes environnementales des produits que nous achetons à la Chine que nous parviendons à la faire évoluer.

Mais la partie est mal engagée et c'est sans doute le climat lui même qui sera un jour le maître de la Chine. Un peu tard pour la planète ?

Copenhague : les gagnants et les perdants

La conférence de Copenhague a pris fin hier après que l'assemblée plénière a "pris note" de l'accord non contraignant adopté par 26 pays, ce qui rend ses dispositions, notamment financières, applicables.

Globalement jugé très décevant, le bilan de ce sommet climatique est cependant contrasté.

Pour tenter de voir qui a perdu et qui a gagné, le site Terraeco a réalisé un palmarès (consultable ici)

Son analyse très pertinente et nuancée, qu'on peut évidemment contester, est que les scientifiques, les lobbies, la Chine et l'Inde, les USA et Nicolas Sarkozy sont du côté des gagnants.

En revanche, les Etats insulaires, les anticapitalistes et les alters, l'Afrique, le Danemark, l'ONU, les ONG, l'Europe et les climato-sceptiques sont dans les rangs des perdants.  

samedi, 19 décembre 2009

Copenhague : "Désastre total" pour Greenpeace

Greenpeace a réagi violemment à l'accord de Copenhague conclu dans la nuit par une vingtaine de pays.

"Copenhague, une régression"
Rédigée avant la validation à la sauvette de l'accord, la déclaration de Greenpeace indique : "Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050, pas de calendrier ni de mandat pour la signature d'un traité l'année prochaine : difficile d'imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague que la déclaration présentée  par Barack Obama et Nicolas Sarkozy."

Et l'ONG de poursuivre :"Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Les quelques engagements chiffrés ne nous permettront pas de rester sous la barre des 2°c mais nous oriente plutôt vers plus de 3°c d'augmentation moyenne des températures, donc vers un chaos inimaginable. Copenhague est une régression par rapport à Kyoto."

Greenpeace cible les USA et l'Europe, pas la Chine
Qui sont les responsables ? A cette question, l'ONG cible d'abord l'Europe, pourtant la plus engagée dans les réductions de ses émissions de CO2...

- "L'Europe n'a jamais joué le rôle de leader qu'elle s'était arrogée, incapable de parler d'une seule voix avec par exemple les initiatives aventureuses et personnelles d'un Sarkozy, incapable d'augmenter son objectifs de réduction, de chiffrer son soutien aux pays en développement après 2012."

Quant à Obama, Greenpeace le juge "désespérément incapable également, qui a terriblement déçu en s'inscrivant dans la droite lignée de George W Bush son prédécesseur."

Mais l'ONG épargne la Chine : 'Si elle n'a pas facilité les négociations, il faut admettre qu'elle n'a pas à assumer comme les pays riches la responsabilité historique de la situation de crise climatique actuelle. C'était à l'Europe et aux USA de faire les propositions ambitieuses pour débloquer la situation. Un chinois n'émet que 4 tonnes de gaz à effet de serre par an, là où un Européen en rejette 10, et un Américain, 20."

"Changeons d'hommes politiques"
Conclusion de l'ONG : "La seule touche d'optimisme, la mobilisation de millions de personnes, au nord comme au sud, tous conscients de l'urgence et réclamant plus d'équité face aux dangers !

Nous ne pouvons changer la science, alors changeons de politique ! Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d'hommes politiques !"

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