mardi, 15 décembre 2009

Copenhague : les USA ne veulent pas bouger sur l'objectif de réduction de leurs émissions

Les Etats-Unis n'envisagent pas de revoir à la hausse, à Copenhague, leurs objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre à l'horizon 2020, a affirmé l'émissaire américain pour le climat, Todd Stern.

Cette déclaration s'inscrit dans le bras de fer avec la Chine mais elle a également une portée de politique intérieure : Barack Obama ne peut aller au-delà de ce qui figure dans le texte de loi déposé au Sénat sans courir le risque de braquer les sénateurs.

Copenhague : France et Afrique d'une seule voix

La France et l'Afrique viennent de publier un texte commun sur la conférence de Copenhague incluant des objectifs chiffrés sur la réduction des émissions de CO2 et et sur le financement de l'aide au pays pauvres.
Cette annonce a été faite à la suite d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy avec le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, porte-parole des 51 pays africains pour les discussions sur le climat.

Un texte commun pour Copenhague
Ce texte reprend l'objectif d'une réduction globale de 50% des émissions de CO2 en 2050 par rapport à 1990 pour limiter la hausse des températures à 2°C.

Il demande l'adoption d'un fonds "fast start", doté de 10 milliards de dollars par an, pour 2010, 2011 et 2012, afin de "financer les actions d'adaptation et d'atténuation, y compris la lutte contre la déforestation, principalement dans les pays pauvres et vulnérables".

Le texte précise qu'à partir de 2013,  "les financements disponibles devront être prévisibles et additionnels", c'est-à-dire qu'ils s'ajouteront à l'aide au développement et évoque "la création d'une taxe sur les transactions financières internationales".

Enfin, la France et l'Afrique prônent la mise en place d'une Organisation mondiale de l'Environnement pour faire respecter le contenu du futur accord de Copenhague, qu'ils veulent voir s'appliquer immédiatement.

"L'Europe et l'Afrique sont sur la même ligne politique", s'est félicité M. Sarkozy. A Copenhague, "on y va ensemble", a-t-il insisté.

"Il n'y aura pas d'accord mondial qui n'inclut pas l'Afrique", a prévenu Meles Zenawi.

Copenhague : les leaders se téléphonent ...

A l'issue d'un repas avec le porte-parole de l'Afrique pour les négociations climatiques, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'une conférence téléphonique était prévue cet après-midi entre lui et le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Gordon Brown pour faire le point des négociations de Copenhague.

dimanche, 13 décembre 2009

Climat : trop peu de monde dans les rues ...

Appelés à manifester partout sur la planète pour faire pression sur les négociations de Copenhague, les citoyens du monde sont descendus hier dans les rues mais ce ne fut pas le raz-de-marée espéré.

Une mobilisation réussie à Copenhague
Ainsi, environ 30 000 personnes, selon la police, (100 000 selon les organisateurs) ont défilé à Copenhague dans une ambiance froide mais plutôt conviviale, en dépit de la présence de quelques centaines de manifestants violents.

Au total, la police a annoncé l'interpellation de 600 à 700 personnes, pour la plupart des membres "des Blacks Blocs", des groupuscules ultra-violents. Ils ont été remis en liberté ce matin.

Plus tôt, environ 50 000 personnes avaient manifesté en Australie mais les rassemblements n'ont réuni que quelques centaines de manifestants à Manille, Hong Kong, Djakarta et au Canada.

A Washington et à Genève, ils n'étaient que quelques dizaines.

Enfin, quelques centaines de personnes sont descendues dans la rue à l'appel du réseau 350 dans plusieurs villes françaises.

On le voit, les ONG environnementales n'arrivent pas à mobiliser massivement l'opinion publique mondiale.
Elles sont plus efficaces comme groupes de pression, présents au sein même du site de négociation à Copenhague, sur les dirigeants des pays qui participent à la conférence.

vendredi, 11 décembre 2009

Climat : l'Europe versera au moins 6 milliards

L'Union européenne pourrait verser plus de 6 milliards d'euros en trois ans pour aider les pays les plus pauvres à faire face au changement climatique.

Après un tour de table organisé hier lors de la première journée de réunion des chefs d'Etat et de gouvernement européens à Bruxelles, le total des contributions de chaque pays devrait dépasser le chiffre de 2 milliards d'euros par d'ici 2012.

L'annonce officielle et la part de chaque pays dans le total européen seront rendues publiques aujourd'hui et pourraient envoyer un signal positif aux pays participant à la conférence de Copenhague.

mardi, 08 décembre 2009

Emissions : Obama pourra zapper le Sénat

L'administration Obama va pouvoir agir sans attendre le feu vert du Sénat : l'Agence américaine de protection de l'Environnement (EPA) vient de décider que les émissions de gaz à effet de serre constituaient une menace pour la santé publique (lire son avis).

Passer outre l'obstruction des Républicains
Le président américain ne pouvait pas venir à Copenhague les mains presque vides, avec la seule promesse de diminuer les émissions de CO2 de 17% en 2O20 par rapport à 2005, un engagement très faible qu'il reste à faire avaliser par le Sénat,

Or le Sénat renâcle. Les élus républicains, auxquels quelques démocrates élus dans des Etats charbonniers ou pétroliers menacent de s'allier, ont tout fait pour retarder l'examen de la loi sur le climat déjà adoptée par la Chambre des Représentants.

Et voilà que les sénateurs républicains se saisissent de l'affaire du Climategate pour affirmer haut et fort que le réchauffement climatique n'est  pas prouvé.

Le signe que le monde attendait
La décision de l'EPA, une agence gouvernementale dont l'administratrice a été nommée par Obama, va donc permettre d'édicter de nouvelles normes, par exemple pour les véhicules automobiles.

L'EPA est désormais autorisée et même contrainte de faire "des efforts raisonnables" pour limiter les émissions de gaz à effet de serre sans attendre le vote du Sénat même si Obama a précisé qu'il continuait de privilégier la voie législative.

"Ces conclusions attendues de longue date scellent dans l'histoire l'année 2009 comme le moment où le gouvernement des Etats-Unis a commencé à s'atteler au défi des émissions polluantes liées aux gaz à effet de serre", a affirmé l'administratrice de l'EPA.

Barack Obama sera bien accueilli à Copenhague dans dix jours : les USA donnent le signe que le monde attendait.

lundi, 07 décembre 2009

Climategate : l'Arabie Saoudite veut une enquête

"Le Climategate va clairement affecter la nature de ce en quoi nous pouvons croire (...) et les orientations qui seront prises dans les jours qui viennent", a déclaré tout à l'heure à Copenhague le chef de la délégation saoudienne à la conférence sur le climat.

Faisant référence au piratage informatique de courriels échangés entre scientifiques britanniques soupçonnés de manipuler des données sur le climat, le responsable saoudien a réclamé une enquête internationale.

L'université de l'East Anglia a déjà annoncé qu'une enquête indépendante allait être menée sur les travaux du Centre de recherche sur le climat dont le directeur a démissionné.

Copenhague : l'appel commun de 56 journaux

56 journaux de 45 pays dont "Le Monde" et "Libération" pour la France, publient ce matin un éditorial commun demandant à tous les pays, pauvres et riches, de se montrer unis à la conférence de Copenhague sur le changement climatique.

"Les représentants politiques à Copenhague ont le pouvoir de façonner le jugement de l'histoire sur notre génération: celle qui a vu le défi et l'a relevé, ou celle qui était si stupide qu'elle a vu la calamité qui s'annonçait mais n'a rien fait pour l'éviter. Nous les conjurons de faire le bon choix", lit-on dans l'éditorial publié en 20 langues.

dimanche, 06 décembre 2009

20 000 dans les rues de Londres, 1 000 à Paris...

La menace climatique ne mobilise pas les foules et les négociateurs qui se réuniront à Copenhague à partir de lundi ne sentiront guère le poids de l'opinion publique.

L'inquiétude sur le réchauffement refroidit
Un sondage réalisé par l'Institut Nielsen et l'université d'Oxford auprès de 27 000 internautes de 54 pays montre que l'inquiétude suscitée par le changement climatique diminue : 37% seulement des sondés se disent très inquiets, soit quatre points de moins qu'il y a deux ans.

Aux Etats-Unis, la part très inquiète de l'opinion est passée de 34 à 25% tandis qu'en Chine la crainte progresse, passant de 30 à 36%.

C'est dans les pays les plus soumis aux catastrophes naturelles extrêmes (Amérique latin, région Asie-Pacifique) que l'inquiétude climatique culmine, atteignant jusqu'à 78%.

Cette relative insouciance se constate aussi dans la rue où les manifestants inquiets pour le climat sont moins nombreux que les consommateurs qui se pressent pour les achats de fin d'année...

Invités à manifester dans les rues par onze ONG signataires de l'Ultimatum climatique, 1 000 citoyens seulement ont foulé hier midi le pavé parisien en tapant sur des casseroles ou en jouant des maracas.
D'autres (maigres) rassemblements ont également été signalés dans les régions.

A Londres, ils étaient plus de 20 000 à défiler, répondant à l'appel de la coalition Stop climate chaos (« Arrêtez le chaos climatique »).

A Bruxelles, 15 000 manifestants ont réclamé un accord ambitieux à Copenhague.

samedi, 05 décembre 2009

Climategate : Gordon Brown monte au créneau

Preuve que le Climategate est pris au sérieux en Grande-Bretagne, le Premier ministre britannique Gordon Brown a accordé une interview au quotidien The Guardian dans laquelle il appelle vigoureusement à ne pas se laisser gagner par le scepticisme sur la réalité du réchauffemement climatique.

"Sceptiques d'un autre temps"
Gordon Brown dit notamment : "A quelques jours seulement de Copenhague, nous ne devons pas nous laisser distraire par des sceptiques d'un autre temps, anti-science et terre à terre. Nous connaissons la science. Nous savons ce que nous devons faire. Nous devons agir maintenant et combler l'écart de 5 milliards de tonnes (d'émissions de CO2). Cela règlera l'affaire".

Le Premier ministre fait ici référence à l'analyse du fameux économiste Nicholas Stern, conseiller du gouvernement britannique en matière d'environnement, qui estime que les émissions de CO2 devraient être réduites de 10 milliards de tonnes d'ici 2020.
Or, les engagements annoncés jusqu'à présent à travers le monde ne représentent que 5 milliards de tonnes.

Désarmorcer la polémique
Il ne fait pas de doute que l'intervention de Gordon Brown vise à désarmorcer la polémique liée au piratage des courriels de scientifiques du Centre de recherche sur le climat (CRU) de l'université britannique d'East Anglia, soupçonnés de manipuler les données sur le climat.

Après les élus républicains américains, c'est l'Arabie Saoudite qui s'est emparée de l'affaire pour remettre en cause la pertinence de la lutte contre le changement climatique.

La polémique a contraint Phil Jones, le directeur du Centre de recherche sur le climat, à démissionner et l'université a annoncé l'ouverture d'une enquête indépendante.
Enfin, le Giec, qui utilise les données climatiques fournies par le CRU, entend faire la lumière sur cette affaire. 

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