samedi, 19 décembre 2009
Copenhague : la conférence n'en finit pas
La conférence climatique de Copenhague aurait dû s'achever hier à 18 heures, elle se poursuit toujours.
L'enjeu : rendre opérationnel "l'accord de Copenhague"
Dans une ambiance électrique, l'assemblée plénière débat toujours de l'éventuelle adoption de l'accord de Copenhague élaboré dans la nuit après une réunion parallèle pilotée par les USA et la Chine, une sorte de G 26 ou 27 climatique.
L'enjeu est de faire passer cette simple déclaration d'intention (pas de hausse de température supérieure à 2°C, pas d'objectif chiffré de réduction des émissions, financement de 100 milliards de dollars en 2020 verts les pays les plus vulnérables) du statut de brouillon à celui de "décision de conférence" qui le rendrait opérationnel.
La question n'est pas neutre parce qu'un vote permettrait de déclencher les mécanismes de financement et de sortir de la conférence de Copenhague avec un document limité mais qui acterait au moins l'engagement de tous les pays d'agir pour ne pas dépasser les 2°C.
Mais il est très difficile de faire avaler la pilule aux pays qui n'ont pas été associés à sa rédaction, en particulier les pays en voie de développement réunis au sein du G77.
Depuis 3 heures du matin, le Premier ministre danois Rasmussen, qui préside la conférence, s'y efforce dans une ambiance détestable.
On a ainsi entendu le représentant du Soudan, Lumumba Stanislas Dia-Ping, comparer le plan climat des chefs d'Etat à l'Holocauste, provoquant l'indignation des ministres européens présents.
Pour sortir de l'impasse afin de ne pas "désavantager beaucoup de gens à travers le monde", le britannique Ed Milliband a proposé d'adopter le texte en consignant, dans une annexe, la liste des pays réfractaires.
10:47 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
Copenhague : pas d'accord mais une déclaration
Curieux climat à Copenhague où la conférence continue dans une ambiance surréaliste et pleine d'amertume alors que les dirigeants des grandes puissances, qui ont salué hier soir la conclusion d'un accord, sont rentrés dans leur pays.
Une vague déclaration d'intention
Et, au matin, il apparaît que ce qu'ils (Obama, Sarkozy) présentaient un peu vite comme un accord n'était qu'une déclaration politique sans réelle portée contraignante.
Approuvée par moins d'une trentaine de pays, sur les 193 représentés à Copenhague, cette déclaration de seulement trois pages et douze paragraphes prévoit de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels.
Pour atteindre cet objectif, il n'est pas prévu de fixer un pourcentage de baisse des émissions de CO2 : la référence à une baisse globale de 50% des émissions en 2050 a disparu.
Pas d'engagements contraignants
Tous les pays industrialisés sont invités à faire connaître par écrit leur engagement de réduction au cours du mois de janvier 2010 mais ces déclarations ne seront pas contraignantes.
Concernant les pays en voie de développement, ils devront faire un bilan de leur action tous les deux ans à l'ONU et si le texte prévoit la nécessité de la transparence, il garantit en même temps la souveraineté nationale si chère à la Chine...
Concernant le financement, un fonds spécial s'efforcera de réunir des sommes à destination des pays les plus vulnérables avec une montée en puissance, de 30 milliards de dollars par an d'ici 2012 pour atteindre progressivement 100 milliards en 2020.
La déclaration appelle à la conclusion d'un accord complet d'ici à la fin 2010, qui pourrait être examiné à la conférence de Mexico en décembre.
Mais la conférence devait encore s'entendre sur le calendrier et le format des travaux à venir, et adopter des décisions de procédure, alors que la chencelière allemande a proposé d'accueillir le prochain round en juin, à Bonn
"Il s'agit d'un accord politique entre chefs d'Etat, pas d'un contrat, par lequel ls dirigeants ont tenté de relancer la machine", expliquait dans la nuit le ministre français de l'environnement, Jean-Louis Borloo.
En réalité, la déclaration a été arrachée par Barack Obama après des entretiens avec la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil.
L'Europe, qui avait des objectifs plus ambitieux, s'y est ralliée faute de mieux, Nicolas Sarkozy admettant qu'un refus aurait tout fait capoter.
Discussion houleuse en assemblée plénière
Mais cet arrangement en coulisses, en dehors des procédures des Nations Unies qui avaient montré un enlisement fatal, a provoqué la colère de tous les pays qui n'y ont pas été associés.
Si bien que sa mise en discussion en pleine nuit devant l'assemblée plénière, dans une salle presque vide, a tourné au réglement de comptes, déclenchant la colère et les dérapages verbaux, le représentant du G77 (130 pays en voie de développement) évoquant même l'Holocauste, ce qui a provoqué de vives réactions des pays européens.
L'assemblée plénière continue en ce moment même d'examiner le texte pour voir s'il est possible de le faire entrer dans le cadre de discussions initialement prévu pour que la conférence ne s'achève pas sans document officiel.
09:57 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
vendredi, 18 décembre 2009
Copenhague : ce que dit Sarkozy
Extraits de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy après l'annonce d'un accord à Copenhague :
- "Cet accord, c'est le meilleur possible."
- "Un accord était vital pour la planète sinon les Etats-Unis, l'Inde et la Chine seraient restés hors de toute contrainte".
- "Il y a eu des affrontements assez virils car l'Inde et la Chine ne voulaient pas aller jusque là où nous sommes ".
- "Nous avons un texte solennel, politique, qui tient en 12 paragraphes. L'avantage, c'est que 192 gouvernements s'engagent à le respecter ".
- "Ce n'est pas un traité, même si ce texte deviendra juridiquement contraignant en 2010. Il y aura de nouvelles négociations à Bonn dans six mois pour préparer la conférence climatique de Mexico fin 2010."
- "Comme le nouveau rapport du Giec sera publié en 2014, il y aura une révision en 2016".
- "A mes yeux, il manque la mention d'un objectif de 50% d'émissions en moins en 2050 et il n'y a aucune Organisation mondiale de l'environnement ".
23:14 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
Copenhague : ce que dit Obama
Extraits de la conférence de presse du président américain après l'annonce d'un accord à Copenhague :
- "Cela va être difficile de parvenir à un accord légal l'année prochaine (à Mexico) ".
- "Les pays émergents doivent avoir des responsabilités mais pas au meme niveau que les pays du Nord".
- "Obliger les pays en voie de développement à des mesures trop contraignantes aurait pu freiner leur développement et ce n'est pas juste"
- "Pour cela nous devons les aider via des mécanismes de financement appropriés".
- "Nous devons être modestes sur ce à quoi nous nous engageons".
22:56 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
Copenhague : décision en janvier sur les émissions
Les pays industrialisés ont renvoyé à janvier 2010 l'adoption de leurs engagements de réduction d'émission de gaz à effet de serre à l'horizon 2020, dans le cadre d'un nouvel accord de lutte contre le réchauffement.
22:51 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague


