dimanche, 20 décembre 2009

Copenhague : les gagnants et les perdants

La conférence de Copenhague a pris fin hier après que l'assemblée plénière a "pris note" de l'accord non contraignant adopté par 26 pays, ce qui rend ses dispositions, notamment financières, applicables.

Globalement jugé très décevant, le bilan de ce sommet climatique est cependant contrasté.

Pour tenter de voir qui a perdu et qui a gagné, le site Terraeco a réalisé un palmarès (consultable ici)

Son analyse très pertinente et nuancée, qu'on peut évidemment contester, est que les scientifiques, les lobbies, la Chine et l'Inde, les USA et Nicolas Sarkozy sont du côté des gagnants.

En revanche, les Etats insulaires, les anticapitalistes et les alters, l'Afrique, le Danemark, l'ONU, les ONG, l'Europe et les climato-sceptiques sont dans les rangs des perdants.  

samedi, 19 décembre 2009

Copenhague : "Désastre total" pour Greenpeace

Greenpeace a réagi violemment à l'accord de Copenhague conclu dans la nuit par une vingtaine de pays.

"Copenhague, une régression"
Rédigée avant la validation à la sauvette de l'accord, la déclaration de Greenpeace indique : "Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050, pas de calendrier ni de mandat pour la signature d'un traité l'année prochaine : difficile d'imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague que la déclaration présentée  par Barack Obama et Nicolas Sarkozy."

Et l'ONG de poursuivre :"Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Les quelques engagements chiffrés ne nous permettront pas de rester sous la barre des 2°c mais nous oriente plutôt vers plus de 3°c d'augmentation moyenne des températures, donc vers un chaos inimaginable. Copenhague est une régression par rapport à Kyoto."

Greenpeace cible les USA et l'Europe, pas la Chine
Qui sont les responsables ? A cette question, l'ONG cible d'abord l'Europe, pourtant la plus engagée dans les réductions de ses émissions de CO2...

- "L'Europe n'a jamais joué le rôle de leader qu'elle s'était arrogée, incapable de parler d'une seule voix avec par exemple les initiatives aventureuses et personnelles d'un Sarkozy, incapable d'augmenter son objectifs de réduction, de chiffrer son soutien aux pays en développement après 2012."

Quant à Obama, Greenpeace le juge "désespérément incapable également, qui a terriblement déçu en s'inscrivant dans la droite lignée de George W Bush son prédécesseur."

Mais l'ONG épargne la Chine : 'Si elle n'a pas facilité les négociations, il faut admettre qu'elle n'a pas à assumer comme les pays riches la responsabilité historique de la situation de crise climatique actuelle. C'était à l'Europe et aux USA de faire les propositions ambitieuses pour débloquer la situation. Un chinois n'émet que 4 tonnes de gaz à effet de serre par an, là où un Européen en rejette 10, et un Américain, 20."

"Changeons d'hommes politiques"
Conclusion de l'ONG : "La seule touche d'optimisme, la mobilisation de millions de personnes, au nord comme au sud, tous conscients de l'urgence et réclamant plus d'équité face aux dangers !

Nous ne pouvons changer la science, alors changeons de politique ! Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d'hommes politiques !"

Copenhague : 'Une étape essentielle" pour Ban

"Ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la conférence des parties est une étape essentielle", a déclaré Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations-Unies au cours d'un point de presse où il a commenté la validation de l'accord de Copenhague.

Faute de pouvoir l'adopter en raison de l'opposition de plusieurs pays, l'assemblée plénière de la conférence de Copenhague a "pris note" de l'accord conclu la nuit dernière entre une vingtaine de chefs d'Etat, ce qui le rend opérationnel.

Copenhague : le réalisme d'un climatologue

Interrogé par l'AFP sur l'issue de la conférence de Copenhague, le climatologue français Hervé Le Treut, qui participe aux travaux du Groupe international d'experts sur le climat (GIEC), porte un jugement partagé sur le résultat de la conférence de Copenhague, mettant en garde contre toute conclusion hâtive.

"On avait placé la barre très haut"
Notant que la négociation avait été "complètement chaotique", il souligne que l'on a vu "la divergence des intérêts des Etats de la planète".

Mais il souligne aussi que les scientifiques avaient "placé la barre très haut" en demandant une baisse de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.

D'où une conclusion plutôt nuancée : même si l'accord final est décevant, il avalise l'implication des USA et de la Chine dans un processus que ne permettait pas le protocole de Kyoto.

Pour lui, l'accord de Copenhague peut être le début de quelque chose à condition de surmonter le "coup de blues post-Copenhague" pour maintenir une mobilisation de l'opinion publique et faire évoluer les pays vers des objectifs plus ambitieux.

Copenhague : l'accord validé à la sauvette

C'est officiel, l'accord (lire son contenu ici) mis au point dans la nuit par une vingtaine de pays a été entériné à la sauvette par la conférence de Copenhague qui a décidé d'"en prendre note", ce qui le rend opérationnel.

Cette procédure a été retenue parce que plusieurs pays avaient indiqué qu'ils ne voulaient pas l'adopter en assemblée plénière.