lundi, 21 décembre 2009
Copenhague : la Chine s'envoie des fleurs
"Notre pays a joué un rôle important et constructif pour faire avancer les négociations de Copenhague pour arriver aux résultats actuels", a déclaré Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, dans un entretien à l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.
Plaidant que la Chine avait fait preuve "de la plus grande sincérité", M. Wen estime que l'accord de Copenhague "assigne à la communauté internationale des objetifs de long terme pour s'attaquer au réchauffement climatique. C'est le fruit des efforts de toutes les parties et il (cet accord) a recueilli une large approbation. Ce résultat n'a pas été aisé et il devrait être chéri".
Enfin, le haut dirigeant chinois estime que cet accord constitue "un nouveau point de départ pour honorer ses engagements".
On peut lire une pique aux pays industrialisés qui n'ont pas tenu leurs engagements au titre du protocole de Kyoto mais peut-être aussi comme une promesse des Chinois eux-mêmes pour respecter ce qu'ils ont approuvé à Copenhague.
15:03 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, chine
Copenhague : les Britanniques ciblent la Chine
Les dirigeants britanniques ne se paient pas de mots, eux, sur le bilan de la conférence de Copenhague.
Dans un article publié hier par le Guardian, le ministre britannique de l'Environnement Ed Miliband a accusé la Chine mais également le Soudan et plusieurs pays sud-américains (Venezuela, Nicaragua, Bolivie et Cuba) d'avoir volontairement torpillé les négociations sur le climat afin d'empêcher la conclusion d'un accord.
"Nous n'avons pas obtenu d'accord sur une réduction de 50% des émissions internationales d'ici 2050 ni sur une réduction de 80% pour les pays développés. La Chine a opposé son veto aux deux, malgré le soutien d'une coalition de (pays) développés et d'une large majorité de pays en développement", explique-t-il.
Gordon Brown accuse sans nommer
Pour les négociations à venir, le ministre prévient : "Nous ne les laisserons pas entraver le progrès mondial".
Le Premier ministre britannique Gordon Brown pense la même chose mais ne cite personne.
Dans un message diffusé par ses services, il appelle à tirer les leçons du sommet de Copenhague.
Et il prévient lui-aussi : "Nous ne devrions plus jamais être confrontés à l'impasse qui a menacé de faire échouer ces discussions. Nous ne devrions plus jamais laisser un accord mondial devant mener à un avenir plus écologique être pris en otage par une poignée seulement de pays".
14:22 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague, chine
Copenhague : la Chine n'a pas trahi les pauvres...
Les communications entre la Chine et les autres pays en développement lors du sommet de l'ONU sur le changement climatique à Copenhague étaient "suffisantes, transparentes et fluides", a déclaré dimanche Qin Gang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, selon l'agence officielle de presse Xinhua.
L'agence relève que "certains médias (NDLR : en réalité tous les observateurs) ont rapporté que le texte de l'accord avait été soumis à la conférence à l'issue de consultations privées entre les Etats-Unis et les BASIC, à savoir le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine, les opinions des autres pays, notamment celles des pays insulaires et des pays les moins développés n'ayant pas été considérées."
"Ces commentaires ne sont pas conformes à la réalité et sont irresponsables, et ils ont des motifs inavoués", a souligné Qin Gang.
13:58 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, chine
dimanche, 20 décembre 2009
Copenhague : l'imprécation a fait flop ...
Les virulentes réactions des organisations ou de certaines personnalités écologistes à l'accord a minima sorti de la conférence de Copenhague sont sans doute à la mesure de leur déception.
Qu'on en juge :
- "Affligeant, désolant , nous avons bradé l'avenir de nos enfants" (Nicolas Hulot),
- "On ne peut pas faire confiance aux chefs d'Etat. Seul un profond mouvement des peuples pourra imposer le changement. " (Corine Lepage),
- "Désastre total" (Greenpeace),
- "Lamentable fiasco" (Verts),
- "Fuite en avant historique" (Oxfam),
- "Passage en force" (Réseau Action Climat),
- "Ecoeurés de l'incapacité des pays riches à s'engager sur les réductions des émissions de CO2" (Amis de la Terre).
Mais leur tonalité montre bien qu'on est plus dans l'imprécation que dans l'analyse lucide.
Pas de Grand Soir climatique
Associées au processus de négociation de l'ONU (sauf à la fin), les ONG se sont peu à peu persuadées qu'en développant un discours parfois apocalyptique à partir des données scientifiques du Giec, elles allaient faire de Copenhague un Grand soir climatique.
Ont-elle cru que l'évidence de l'urgence climatique était telle que les "coupables", les méchants pays industrialisés, allaient reconnaître, par esprit de repentance, leur responsabilité historique et sortir leur carnet de chèques tout en promettant de se serrer la ceinture ?
Ont-elles pensé que les pauvres "victimes", indistinctement regroupées sous le vocable de pays en voie de développement même quand ils sont devenus d'énormes émetteurs de CO2, allaient faire bloc fraternellement ?
Ont-elles vraiment rêvé que cette révolution allait s'accomplir dans le joyeux bordel de la démocratie onusienne ?
C'est raté. Le réel est revenu au galop.
Le monde n'était simplement pas prêt
C'est la puissante Chine qui a pris au dernier moment les affaires en main pour que l'accord final avalise son refus que l'on contrôle ses émissions de CO2 alors que le minuscule Tuvalu, menacé de disparaître sous la montée des eaux, avait demandé devant la Terre entière que tous les pays pollueurs, y compris les camarades chinois, soient soumis aux mêmes règles.
C'est les riches Européens et Japonais qui se sont le plus engagés dans la lutte contre le changement climatique en acceptant contrôles et engagements financiers. En vain.
Enfin, c'est le si intouchable et révolutionnaire Barack Obama qui a joué au plus politicien, arrivé en coup de vent et reparti au galop, soucieux avant tout de s'assurer le soutien des parlementaires et des lobbies.
Résultat : un accord décevant parce que le monde n'était pas prêt à en signer un autre.
Finalement mieux que Kyoto ?
Et dans le concert de lamentations et d'imprécations écolos qui accompagnent le deuil du Grand Soir, ce sont finalement les scientifiques qui relativisent.
Hervé Le Treut, un des papes du Giec, n'est pas satisfait bien sûr mais il reste nuancé. Il admet que les scientifiques avaient mis la barre très (trop ?) haut et constate que les USA et la Chine sont désormais impliqués dans un accord international, ce que ne permettait pas le protocole de Kyoto.
Et il appelle à surmonter le blues post-Copenhague et à repartir au combat pour convaincre encore et encore. Et pas forcément faire peur parce que ça ne sert à rien.
Maintenant que tous les pays du monde ont admis qu'il ne fallait pas que la température augmente de plus de 2°C, il ne reste plus qu'à s'en donner les moyens. Facile ...
Alors, Copenhague : un simple contre-temps ?
14:24 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague
Copenhague : les Chinois maîtres du monde
L'issue de la conférence de Copenhague a montré que la Chine était la seule superpuissance capable de peser de manière décisive sur la négociation internationale la plus importante depuis des décennies.
Les Chinois sont trop intelligents pour triompher. Ils ont laissé Barack Obama tirer la couverture à lui (il en aura bien besoin pour convaincre le Sénat d'adopter sa loi sur le climat) mais ce sont eux qui ont superbement manoeuvré pour arriver à l'accord que l'on sait.
Une anecdote révélatrice
Le journal Le Monde raconte le moment où tout s'est joué : "A peine son discours prononcé devant les 191 délégués, M. Obama s'est enfermé pendant 55 minutes avec M. Wen (le Premier ministre chinois). Dans l'après-midi, la Maison Blanche a annoncé une seconde rencontre. Il s'agissait de convaincre M. Wen d'accepter un accord, alors que la Chine pratiquait la politique de la chaise vide dans la négociation qui tentait de sauver le sommet. A l'heure convenue, M. Obama a constaté que le président brésilien Lula, le premier ministre indien Manmohan Singh et le président sud-africain Jacob Zuma étaient aussi de la réunion. A cinq, les leaders ont négocié l'accord de trois pages qui a été présenté en séance."
Ce sont donc les Chinois qui, forts de leur statut fascinant de banquier des Etats-Unis et de leader auto-proclamé des pays en voie de développement, ont fixé la liste des participants à cette réunion dans laquelle les USA étaient en minorité !
Nicolas Sarkozy et Brice Lalonde, l'ambassadeur français pour le Climat, ont confirmé que la Chine avait auparavant menacé de quitter le sommet.
L'avenir du climat se joue en Chine
Le résultat de cette épreuve de force est désormais connu. La Chine ne subira pas de contraintes en matière d'émissions de CO2 et voit sa souveraineté préservée.
En l'absence d'une Organisation internationale de l'Environnement, qui osera demander des comptes désormais aux Chinois quand, tous les deux ans, ils enverront à l'ONU un document listant leurs actions pour limiter la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre ?
Car cette croissance va être monstrueuse. Une étude publiée quelques jours avant le sommet de Copenhague montre qu'en dépit de ses annonces récentes, la Chine va doubler ses émisions de CO2 d'ici 2020 au rythme actuel de sa croissance économique.
Cette augmentation des émissions chinoises représentera trois à quatre fois la baisse annoncée des émissions des USA et de l'Europe pour 2020 et le tonnage des émissions par Chinois dépassera celui des Français dès 2012-2013 et des Européens dès 2018-2020 !
Les ONG, des "idiots utiles" ?
Aveuglés par leur obsession de faire payer l'Occident (voir l'analyse de Copenhague par Greenpeace) , certaines ONG continuent de jouer les "idiots utiles" (Lénine) de la Chine en refusant de voir la réalité : la super-puissance chinoise (et demain l'Inde) détient les clés de la lutte contre les changements climatiques.
Mais il est évidemment plus facile de jouer les héros en brandissant une banderole à l'Assemblée nationale française que de s'attaquer à un Etat totalitaire qui bafoue les droits de l'Homme et détruit l'environnement.
Reste l'essentiel : comment peut-on faire bouger les Chinois dans la lutte contre le changement climatique ?
Devenue l'usine de l'Occident qui y a aussi délocalisé ses pollutions, la Chine a besoin des consommateurs des pays riches tant que son marché intérieur ne s'est pas encore assez développé.
C'est peut-être en nous montrant plus exigeants sur les normes environnementales des produits que nous achetons à la Chine que nous parviendons à la faire évoluer.
Mais la partie est mal engagée et c'est sans doute le climat lui même qui sera un jour le maître de la Chine. Un peu tard pour la planète ?
12:37 Publié dans négociations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, copenhague


