vendredi, 06 novembre 2009

Climat : un traité dans six mois, dans un an ?

Ambiance plombée aujourd'hui à Barcelone pour le dernier jour des négociations préparatoires au sommet de Copenhague sur le changement climatique qui aura lieu dans un mois.

Peu de progrès à Barcelone
Les discussions en cours n'ont guère permis d'avancer sur la mise au point d'un texte laissant espérer la conclusion du traité qui prendra le relais du protocole de Kyoto qui s'applique jusqu'à la fin 2012.
Les pourparlers achoppent sur l'ampleur et la répartition des réductions d'émissions de CO2 et sur le financement du passage à des technologies moins polluantes.

La conclusion d'un traité au contenu précis et contraignant à Copenhague semble donc très peu probable.

Vers un simple accord politique à Copenhague
Artur Runge-Metzger, le représentant de la Commission européenne aux négociations climatiques, a déclaré hier à Barcelone qu'un accord global pourrait être conclu au mieux dans les "trois à six mois" suivant la conférence de Copenhague, peut-être à Bonn lors de sessions de négociations intermédiaires prévues à la mi-2010.

Le représentant européen annonce cependant que l'Europe va continuer de faire pression pour obtenir la conclusion d'un accord juridique complet.

Au mieux, un échéancier pour aller vers un traité
Même tonalité du côté de la Grande-Bretagne où Ed Miliband, le ministre au Changement climatique, a averti ses collègues, au cours d'un débat  à la Chambre des communes, que les négociations sur le climat "ne sont pas en bonne voie".

Expliquant que le processus avançait très lentement en raison de la méfiance persistante entre pays développés et pays en développement, le ministre britannique a lui aussi estimé que le mieux à espérer du sommet de Copenhague était un accord politique accompagné d'un échéancier vers un traité légalement contraignant.

L'accord pourrait prendre la forme d'une déclaration politique générale accompagnée d'annexes portant sur les principaux sujets en discusssion.
Les annexes détermineraient (pays par pays) les engagements chiffrés des pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et les actions des pays en développement pour limiter la croissance des leurs ainsi que les financements de la lutte contre le changement climatique et de l'adaptation des pays les plus vulnérables.

Rendez-vous sans doute en 2010
Si les ONG dénoncent déjà cette perspective, mettant notamment en cause l'attitude des Etats-Unis, il semble que le réalisme commence à s'imposer à tous.
La date butoir de la fin 2009, dont l'ONU avait dramatisé l'enjeu pour répondre aux recommandations des scientifiques et aux appels aux secours des pays déjà menacés par les effets du changement climatique, n'était pas tenable.

Le retard pris par la discussion du projet de loi sur le climat voulu par Barack Obama et l'impact de la crise économique ont encore ralenti un processus de négociations déjà très complexe.

Selon la FAO, l'agriculture peut jouer un rôle majeur contre le changement climatique

L'agriculture peut offrir une partie importante de la solution au changement climatique grâce à sa capacité d'atténuation (réduction et/ou élimination) d'un volume important des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié jeudi.

Mieux gérer les terres cultivées et restaurer les sols dégradés
Les options techniques les plus importantes pour que l'agriculture contribue à l'atténuation du changement climatique sont l'amélioration de la gestion des terres cultivées et des pâturages et la restauration biologique des sols et des terres dégradées.

Près de 90% du potentiel technique d'atténuation de l'agriculture provient de la séquestration du carbone par les sols. Il s'agit notamment d'accroître dans les sols les niveaux de matières biologiques dont le carbone est le principal composant.

Cela peut se traduire par une meilleure teneur en nutriments végétaux, par l'augmentation de la capacité de rétention de l'eau et par une meilleure structure, le tout débouchant sur des rendements plus élevés et une plus grande résilience.

Autres techniques :  la réduction du labourage, l'utilisation des résidus pour le compostage ou le paillage, l'utilisation de cultures pérennes pour la couverture des sols, le ré-ensemencement et l'amélioration de la gestion des pâturages dans les prairies.

Prudence pour la production de biocarburants
Selon la FAO, la production de biocarburants offre une alternative propre aux carburants fossiles mais elle peut rivaliser avec la production alimentaire en privant celle-ci d'une partie des ressources en terre et en eau dont elle aurait besoin.

La restauration biologique des sols permet une plus grande capacité de séquestration du carbone, mais elle peut entraîner une réduction des terres disponibles pour la production alimentaire. La restauration des parcours peut améliorer la séquestration du carbone lorsqu'on limite le nombre des têtes de bétail, mais elle réduit à court terme les revenus des bergers.

Certains compromis peuvent être gérés par des mesures d'amélioration de l'efficacité ou par le versement de primes ou de compensations.

De nombreux obstacles à lever
La plupart des options techniques d'atténuation sont disponibles et peuvent être immédiatement déployées. Mais bien qu'avec le temps elles génèrent souvent des avantages positifs, elles impliquent des coûts significatifs.

D'autres obstacles - notamment les droits de propriété incertains et le manque d'information, d'assistance technique et d'accès aux semences et fertilisants appropriés - doivent être également surmontés.

Le rapport fait état de mécanismes de financement qui pourraient débloquer les avantages potentiels de l'agriculture pour l'atténuation du changement climatique, la sécurité alimentaire et le développement agricole.

Une gamme d'options de financement - public, public-privé et marchés du carbone - font actuellement l'objet de négociations en vue d'initiatives d'atténuation du changement climatique dans les pays en développement.

Elles pourraient constituer des sources de financement pour les initiatives d'atténuation par l'agriculture, selon le rapport, tout comme pourrait faire l'affaire un Fonds international dédié au soutien de l'atténuation par l'agriculture dans les pays en développement et à la coordination des financements provenant de l'aide publique au développement de l'agriculture.

Lutte contre la déforestation : le programme ONU-REDD monte en puissance

Le troisième conseil de la politique du programme ONU-REDD de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts a accueilli cinq nouveaux pays.
L'Argentine, le Cambodge, l'Équateur, le Népal et le Sri Lanka sont les premiers à demander officiellement à participer au programme ONU -REDD, en plus des neuf pays fondateurs.

Une vingtaine de pays ont exprimé leur intérêt pour le programme et d'autres encore devraient en faire partie.
Le dispositif prévoit la délivrance de certificats et de financements en contrepartie de mesures de maintien d'une forêt en bon état.

Partage d'expérience et coopération régionale
Les cinq pays ont  souligné leur intérêt à bénéficier de l'expérience et des connaissances générées par le programme, en particulier sur les questions de mesures, les systèmes de vérifications de la conformité (MRV), et les consultations avec les administrations des peuples autochtones.

"L'adhésion au programme ONU-REDD va nous permettre de puiser dans l'expérience du programme et ses expertises", a souligné M. Carlos Leandro Fernandez, référent principal du programme en Argentine. "Nous avons des forêts à nos frontières avec la Bolivie, un pays qui a adhéré à ONU-REDD, et nous aimerions faire partie du processus visant à accroître la coopération entre les pays, et de créer une initiative régionale pour l'ONU-REDD."

37,4 millons de dollars approuvés
Le troisième conseil de la politique du programme ONU-REDD a approuvé le financement pour le programme national du Panama. Le Conseil de Direction a approuvé l'octroi de 5,3 millions de dollars pour aider le pays à se préparer.

Avec l'approbation du programme panaméen, le total des fonds approuvés pour le programme dans sa première année d'exploitation s'élève à 37,4 millions de dollars, soit 72,3% de son portefeuille de 51,7 millions.
Sur les six pays qui ont eu leurs programmes approuvés, la République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Viet Nam ont commencé à réaliser des activités de mise en place.

Le Danemark est devenu le deuxième donateur du programme de l'ONU-REDD après la Norvège, avec l'annonce d'un don de 2 millions de dollars.

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