jeudi, 05 novembre 2009

Copenhague : les interrogations des députés sur la stratégie de l'Europe

Les défis qui attendent l'Union européenne à la conférence de l'ONU sur le climat prévue à Copenhague ont été présentés hier par le commissaire responsable, Stavros Dimas, aux députés de la commission de l'environnement.

Le commissaire Dimas, qui a confié parler probablement pour la dernière fois en tant que commissaire à l'environnement, a salué le rôle clé du Parlement dans l'élaboration des politiques environnementales de l'UE, en particulier dans le domaine du changement climatique.

Trois grands défis
Sur la question des négociations en cours en prévision de la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques (COP 15), M. Dimas a identifié trois grands défis : 

  • comment garantir que les pays en développement acceptent des objectifs ambitieux de réduction d'émissions ;
  • comment réduire les émissions dans les pays industrialisés ;
  • où trouver les fonds nécessaires pour aider les pays en développement à atteindre les objectifs.

" Nous demandons aux pays en développement de suivre l'exemple européen en matière de réduction d'émissions en s'engageant à les réduire de 30% en 2030", a déclaré le commissaire
Il  a ajouté que la formule pour l'évaluation des réductions de CO2 dans les pays en développement devrait prendre en compte les conditions locales spécifiques à chaque pays.

USA, Canada, Russie et Ukraine critiqués 
M. Dimas a également critiqué les États-Unis, la Russie, l'Ukraine et le Canada pour ne pas avoir fixé des objectifs plus ambitieux de réduction d'émissions : "Si les pays industrialisés ne font pas leur part, nous ne pouvons escompter que les autres fassent la leur», a-t-il déclaré.

La lutte contre le changement climatique pourrait coûter de 20 à 50 milliards d'euros par an après 2020, a déclaré M. Dimas.

Le président de la commission de l'environnement, Jo Leinen, a déclaré que "l'UE doit prendre la tête d'un accord mondial contraignant et ambitieux. L'année 2020 devrait représenter un tournant pour les émissions mondiales de gaz à effet de serre. L'UE doit devenir le leader d'une économie à faibles émissions de CO2, en vue de protéger le climat et de créer de nouveaux emplois".

Les questions des députés européens
Linda McAvan (S & D, UK) a demandé plus de détails sur les engagements financiers, craignant que le rejet de la législation sur les fuites de carbone puisse poser problème, question à laquelle le commissaire a répondu que la législation pourrait encore être révisée plus tard en 2010, après la conclusion d'un accord à Copenhague.

Chris Davies (ADLE, UK) s'est intéressé aux modifications concernant la fixation des objectifs présentés en septembre en vue de compenser la hausse de température de 2˚C dans tous les pays industrialisés. M. Dimas a déclaré qu'il s'agissait là de positions de négociation et que l'UE ferait pression en faveur d'un document clair, ambitieux et juridiquement contraignant pour toutes les parties.

Satu Hasi (Verts / ALE, FI) s'est inquiétée de la possibilité pour les lobbies de l'industrie d'édulcorer l'accord et Miroslav OUZKÝ (ECR, CZ) a averti que le problème international en matière de réduction future d'émissions ne viendrait probablement pas de la Chine mais de l'Inde.

Oreste Rossi (EFD, IT) a fait part de sa déception, car à son avis, un accord serait favorable aux entreprises non européennes en autorisant le transfert de technologies vers les pays en développement. Le commissaire Dimas a répondu que le contraire était en fait correct : l'accord aiderait à développer une économie "verte" en Europe, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités et créant de nouveaux emplois.

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