jeudi, 05 novembre 2009

Le captage et le stockage du CO2 seront une réalité industrielle à partir de 2020

Parfois considérée comme une lubie de savants fous, le captage et le stockage de CO2 (CSC) peuvent-ils être efficaces pour limiter les émissions de gaz à effet de serre qui provoquent le changement climatique ?

Oui, répondent en choeur les experts de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), de l'Institut français du pétrole et du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) qui organisent un colloque sur ce thème à Paris aujourd'hui et demain.

Réduire de 20 à 30% les émissions de l'industrie
Ils avancent même des chiffres : le captage et le stockage de CO2 pourraient contribuer à hauteur de 20 à 30% à la réduction des émissions de CO2 dans l'industrie d'ici à 2050.
"L'objectif à terme est de stocker quelques milliards de tonnes de CO2 chaque année. Ces techniques seront industrialisées à l'horizon 2020 :  aucune autre technologie ne pourra alors avoir un tel impact à un horizon aussi proche", selon François Démarcq, le directeur général délégué du BRGM.

Plusieurs dizaines de projets sur les CSC sont actuellement en cours dans le monde et quelques sites pilotes ont déployé la technique.

Deux obstacles : le coût et l'opinion publique
Mais la perspective d'un développement à grande échelle des CSC se heurte à deux obstacles : le coût et l'opinion publique.
Concernant le coût du captage et du stockage, il faudrait le diviser par trois d'ici 2020 pour pouvoir l'aligner sur le prix du CO2 sur le marché des émissions.

Reste la question de l'acceptabilité de ces technologies. Les organisations écologistes les critiquent, estimant qu'il vaut mieux investir dans l'efficacité énergétique et les énergies durables plutôt que de prolonger l'utilisation de sources d'énergie fossile.

Enfin, il faudra convaincre l'opinion publique de l'intérêt et de l'innocuité de ces technologies : pas facile quand on voit les réticences à accepter les sites de stockage des déchets, en particulier nucléaires.

Ce sera une des questions au menu des deux jours du colloque parisien qui réunit environ 500 participants (chercheurs, industriels, économistes, financiers et décideurs des services publics et privés) venus de quelque 25 pays.

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