mercredi, 04 novembre 2009

Yvo de Boer : "Faute de mieux, gardons Kyoto"

Le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), Yvo de Boer, a déclaré hier que le protocole de Kyoto doit se poursuivre alors que plusieurs pays développés proposent de l'abandonner au profit d'un accord incluant les grands pays émergents.

Une histoire de chaussures
"Le protocole de Kyoto est la seule chose dont nous disposons pour le moment", a affirmé M. de Boer lors d'une interview accordée à l'agence de presse Xinhua en marge des négociations de Barcelone, dernière étape avant le sommet de Copenhague.
"Il y a un proverbe dans ma langue qui dit que si vous n'avez qu'une seule paire de chaussures il ne faut pas la jeter avant d'en avoir une nouvelle paire", a noté M. de Boer. "Donc, pour le moment, Kyoto est mes chaussures et j'entends les garder jusqu'à ce que je sache que je peux acquérir quelque chose de mieux".

Il a également souligné que les pays industrialisés doivent intensifier leur lutte contre le changement climatique et se fixer des objectifs plus ambitieux en vertu du protocole de Kyoto.

Déjà des avancées à Barcelone ?
Cependant, Yvo de Boer affirmer que des avancées ont été enregistrées lors des pourparlers de Barcelone.
"Je pense qu'il y a un consensus clair sur le fait que nous devons établir une nouvelle autorité chargée spécifiquement du transfert technologique et de la coopération", a-t-il indiqué.

Selon lui, on assiste également à un consensus croissant sur le renforcement du soutien accordé aux pays en développement en matière d'adaptation ainsi qu'à un consentement de plus en plus large sur le fait qu'il faut renforcer les capacités des pays en développement.

Barcelone : l'Afrique a tapé du poing sur la table

L'Afrique a montré ses muscles hier à Barcelone en refusant, pendant une journée, de participer à des réunions programmées dans le cadre des pourparlers qui se déroulent jusqu'à vendredi, dernière étape avant le sommet de Copenhague sur le changement climatique.

Les pays industrialisés dans le collimateur
Les pays africains avaient décidé de boycotter les entretiens tant que les pays industrialisés ne s'engageraient pas à réduire davantage leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les Africains soulignent que leur continent est très peu responsable du changement climatique mais que les habitants en subissent déjà les effets. 
"En Afrique, des gens souffrent maintenant, des gens meurent maintenant, alors que les pays développés ne sont pas disposés à formuler des réductions ambitieuses", avait déploré dans la journée Kemal Djemouai, président du groupe africain.

Dans la soirée d'hier, la délégation africaine a levé son boycott, ayant semble-t-il obtenu qu'une part plus importante des pourparlers soit consacrée aux engagements des pays industrialisés.

Climat de méfiance
Le mécontentement des représentants de l'Afrique intervient dans un climat de méfiance des pays en développement.
Ils craignent que les pays riches cherchent à diluer leurs responsabilités figurant dans le protocole de Kyoto, qui s'achève à la fin 2012, dans un accord international plus vaste qui incluerait aussi les pays émergents devenus fortement émetteurs de gaz à effet de serre.

Enfin, il se confirme que plus personne ne croit possible la conclusion d'un traité international détaillé au sommet de Copenhague : lors du sommet Europe-USA à la Maison Blanche, Barack Obama a appelé ainsi à "la mise au point d'un cadre stratégique."

Sommet entre l'Europe et les Etats Unis : de bonnes paroles sur le climat...

Le changement climatique a été la question centrale du sommet entre l'Union européenne et les Etats-Unis qui s'est déroulé hier à la Maison Blanche entre le président Barack Obama et Fredrick Reinfeldt, le Premier ministre suédois qui assure la présidence de l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année.

Obama : "Un cadre stratégique"
Lors du point de presse qui a suivi le sommet, Fredrik Reinfeldt a déclaré : « Le sommet a principalement porté sur la question climatique ; nous avons discuté de la manière de parvenir à l'adoption d'un accord à Copenhague. Nous avons affirmé notre volonté politique et fait preuve de compréhension vis-à-vis de nos différents processus politiques. Nous allons désormais nous entraider pour faire avancer ces processus. Nous devons conclure à Copenhague un accord qui réponde à l’objectif des deux degrés et qui présente une solution au financement climatique ».

Le Président Obama a lui aussi souligné l’importance de réaliser des progrès dans la question climatique : « Il est primordial d’intensifier nos efforts afin de mettre en place un cadre stratégique qui permette d'avancer et d’éviter une catastrophe climatique ».

Coopération énergétique et antibiorésistance
Toute une série de décisions ont été adoptées pendant le sommet. L’une d’entre elles concerne l’établissement d’une nouvelle coopération énergétique entre l’UE et les États-Unis et la mise en place d’un nouveau Conseil de l’énergie.

L’objectif est de développer la coopération dans des domaines tels que la recherche en matière de technologies environnementales et énergétiques ainsi que la diffusion de technologies écologiques. Le Conseil de l’énergie tiendra sa première réunion le mercredi 4 novembre.
 
Il a été par ailleurs décidé de mettre en place un groupe de travail chargé de l’antibiorésistance. L’UE et l’OMS estiment que la rapide progression de l'antibiorésistance est l’une des trois plus grandes menaces pour la santé humaine. 

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