mercredi, 14 octobre 2009

L'Europe travaille au piégeage du carbone

Piéger et sequestrer le carbone est une manière de lutter contre le changement climatique. La réflexion sur cette technologie avance en Europe.

Diminuer les coûts
Lors de la troisième réunion ministérielle du forum directif pour le piégeage du carbone (Carbon Sequestration Leadership Forum ou CSLF) qui s'est tenue à Londres hier, la Commission européenne et les dirigeants de 22 pays du monde ont étudié les meilleurs moyens d'accélérer la commercialisation du captage et du stockage du carbone (CSC).

Le captage et le stockage du carbone consistent en une technologie permettant de réduire les émissions résultant de la combustion de sources d'énergie fossiles par les grands émetteurs (tels que les centrales électriques au charbon ou au gaz et la sidérurgie) au moyen du captage du CO 2 et du stockage souterrain.
La diminution des coûts des nouvelles technologies permettra d'exploiter pleinement le potentiel de réduction des émissions du CSC et de fournir une énergie durable, sûre et compétitive.

Un appel au secteur privé
« Les autorités publiques doivent continuer de favoriser le développement et l'utilisation des technologies CSC si nous voulons lutter avec succès contre le changement climatique. Toutefois, il convient également que le secteur privé investisse de manière significative dans ce domaine pour que les projets de démonstration soient commercialisés et que les technologies CSC atteignent la faisabilité économique », a déclaré M. Andris Piebalgs, membre de la Commission européenne chargé de l'énergie.

Le forum a adopté une déclaration ministérielle portant sur le soutien aux projets, l'échange de connaissances, le renforcement des capacités et d'autres priorités du CSLF. 

L'Europe s'y prépare
L'Union européenne a élaboré une série complète de mesures d'aide juridique, financière et industrielle conçues lors d'initiatives successives approuvées par le Conseil depuis décembre 2007.

Tout d'abord, la directive CSC prévoit un cadre qui contribue de manière considérable à garantir la confiance du public dans les installations CSC et qui offre une sécurité juridique aux exploitants.

Ensuite, le traitement des émissions et du CSC dans l'encadrement des aides d'État pour la protection de l'environnement a été clarifié dans le contexte du système européen d'échange de quotas d'émission.

Enfin, les projets de démonstration sont financés à hauteur d'1,05 milliard d'euros provenant du plan européen pour la relance économique. L'évaluation des propositions de projets au titre de cet instrument est en cours. De plus, ces projets bénéficient de 300 millions de quotas au titre du système européen d'échange de quotas d'émission.
Ces quotas auront une valeur monétaire en fonction du prix du carbone; ils pourront donc être vendus aux enchères par les États membres sur le marché du carbone européen.

Des projets industriels pionniers
Sur le plan industriel, la Commission se prépare à créer un réseau de projets de pionniers européens qui participent à des projets de démonstration CSC à grande échelle.

L'initiative européenne industrielle sur le CSC vient compléter le tableau.
Son objectif consiste à exploiter le développement et l'utilisation de technologies telles que le CSC pour réduire considérablement les émissions de CO
2 résultant de la production d'électricité en Europe.

Commentaires

Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique.

Ecrit par : Escaravage | jeudi, 15 octobre 2009

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