mardi, 06 octobre 2009
Les émissions baissent de 3% : vive la crise !
L'Agence internationale de l'Energie affirme que cette baisse rend possible un scénario de passage à une croissance verte, à condition d'agir fort et vite.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) vient de rendre publiques, à l'occasion des discussions sur le climat qui ont lieu à Bangkok, les premières conclusions sur les émissions de CO2 en 2009 (lire ici).
Le document définitif du World Energy Outlook (WEO) 2009 ne sera publié qu'en novembre mais cette annonce précoce est volontaire parce qu'elle pourrait doper les négociations climatiques en cours.
La crise a eu un impact considérable
Que dit l'AIE ? "La crise financière et économique a eu un impact considérable sur le secteur mondial de l'énergie. Les investissements dans les technologies polluantes ont été reportées et les émissions de CO2 pour 2009 pourraient reculer de 3%".
Cela conduirait à une baisse de 5% des émissions en 2020, même en l'absence de politiques supplémentaires.
Pour l'AIE, "le ralentissement économique a ainsi créé une opportunité de mettre le système mondial de l'énergie sur une trajectoire de stabililisation des émissions de gaz à effet de serre à 450 parties par million (ppm) d'équivalent CO2, en ligne avec une augmentation de la température globale d'environ 2 degrés Celsius."
Le scénario pour une croissance verte
Que faire pour atteindre cet objectif ? L'Agence internationale a bâti un scénario qui impose que les émissions de CO2 en 2020 n'augmentent que de 6% par rapport à 2007.
Les émissions mondiales en 2020 devraient être réduites de 3,8 gigatonnes, dont 1,8 Gt dans les pays de l'OCDE et 1 Gt en Chine, ce qui confirme le rôle crucial qu'aura ce pays dans la lutte contre le changement climatique.
Cette transition vers une énergie largement décarbonée demandera des efforts financiers gigantesques, estimés à 0,5% du PIB mondial en 2020 et jusqu'à 1,1% du PIB en 2030.
Un investissement colossal mais qui serait équivalent aux économies de carburant qu'il permettra de réaliser dans toute l'industrie, les transports et les bâtiments d'ici 2030.
Le financement, le plus grand défi
"Le plus grand défi sera de s'assurer qu'il existe un financement pour soutenir cette transformation de l'énergie, avec un soutien important pour les pays en développement", a déclaré Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l'AIE, qui estime les besoins supplémentaires à 215 milliards de dollars en 2020.
En conclusion, M. Tanaka a averti : "Nous avons un scénario pour passer à une croissance verte. Pourtant, nous devons agir de toute urgence et maintenant. Chaque année de retard ajoute un supplément de 500 milliards de dollars d'investissements nécessaires entre 2010 et 2030 dans le secteur énergétique ".
On notera que l'étude du WEO-2009 énonce, pour les principaux pays et régions (y compris les États-Unis, le Japon, l'Union européenne, la Russie, la Chine et l'Inde), la transformation de l'énergie que chacun pourrait entreprendre, secteur par secteur, si le monde adoptait une trajectoire de 450 ppm.
Un document essentiel pour étayer un accord ambitieux à Copenhague.
13:24 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : energie, crise, bangkok



Commentaires
Intéressant... Merci!
Ecrit par : Julien | mardi, 06 octobre 2009
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